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20 août 2015

Généraliser la possibilité d'ouvrir le dimanche dans les grandes villes

La liste des "zones touristiques internationales" qui pourront rester ouvertes jusqu'à minuit et le dimanche vient d'être révélée pour Paris.

Le Clic-P (syndicat qui se mobilise pour empêcher les ouvertures dominicales) vient d'en publier la carte:


Autre carte des ZTI de Paris, celle du Figaro

La liste est publiée dans un décret qui vient compléter la loi Macron (adoptée le 10 juillet suite au recours à l'article 49-3). Certaines zones sont évidentes comme Haussmann (Galeries Lafayette), les Champs-Elysées, les Halles, Montmartre... d'autres moins: place d'Italie, Beaugrenelle, Cour Saint-Emilion et boulevard des Ternes. Ces dernières zones semblent délimitées sur mesure pour la Fnac, comme le suggère Libération.

Ces ZTI (zones touristiques internationales) de la capitale seront bientôt complétées par une liste de zones à Nice, Cannes et Deauville.

Ce qui est étonnant, c'est que ces décisions soient prises au niveau national. Ces délimitations de ZTI pourraient très bien être faites au niveau régional voire municipal. Les grandes villes devraient pouvoir décider des zones qu'elles souhaitent ouvrir au commerce le dimanche, après débat et éventuellement consultations locales.

Ces ouvertures devraient être une occasion de créer de nouveaux emplois (en particulier pour des jeunes célibataires ou étudiants), et devront se faire dans le respect du principe de deux jours de repos hebdomadaires.

Dans un pays laïc, le dimanche ne devrait pas être sacré.


Idées pour la France:
  • considérer le dimanche comme un jour normal
  • conserver le principe de deux jours de repos hebdomadaire
  • déléguer la délimitation des ZTI aux régions ou métropoles
  • généraliser les ouvertures le dimanche dans les grandes villes

19 novembre 2014

Construire des tours en France - et notamment la Tour Triangle à Paris

Le lundi 17 novembre, le conseil de Paris a rejeté le projet de construction de la Tour Triangle à la porte de Versailles. Malgré l'importance des enjeux (architecturaux ou d'attractivité économique), le débat semble aujourd'hui se résumer à une bataille d'égos entre Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet.

vue du projet de Tour Triangle vers Issy-les-Moulineaux

Paris étouffe dans son périphérique, Paris étouffe dans son héritage. Cette tour aurait pourtant l'avantage de faire respirer Paris.

vue u projet de tour Triangle vers Paris et la Défense

Tout d'abord il faut ouvrir Paris vers la banlieue, vers la petite couronne en créant des symboles attirants, des lieux de vie et de travail aux portes de Paris, en se rapprochant ou au besoin en enjambant le périphérique:
  • le musée de la Villette
  • le tribunal de grande instance aux Batignolles et le parc Clichy-Batignolles
  • le ministère de la Défense à Balard
  • le nouveau cinéma étoile à la porte des Lilas (construit à cheval sur le périphérique)
  • l'université Paris Diderot dans le 13ème arr. (rénovation des grands moulins de Paris) et la ZAC Paris Rive Gauche
  • la ZAC Gare de Rungis en cours de développement
Ces bâtiments créent des lieux de vie et de travail dans des zones qui étaient précédemment considérées comme inhospitalières. Ces zones constituent les marges de Paris ainsi que les marges de la petite couronne. Elles permettent de faire communiquer Paris avec sa banlieue en créant des centres de gravité à cheval sur le périphérique qui attirent franciliens et parisiens et tissent un lien par-dessus le périph'. En offrant des équipements modernes et de qualité aux habitants de Paris et de la petite couronne, on peut espérer qu'un jour le périphérique ne soit plus une muraille infranchissable, mais une grande avenue urbaine ponctuée de ministères, lieux culturels, tours de bureaux, œuvres d'art et autres grands équipements.

Non seulement Paris doit se tourner vers la banlieue, mais Paris doit aussi se tourner vers le futur. Sans détruire son passé. Il est aujourd'hui quasiment impossible de construire un bâtiment moderne dans le centre de Paris, il n'y a qu'à voir les polémiques générées par le projet de rénovation / extension de la Samaritaine. Pour se renouveler et investir dans l'avenir sans toucher au bâti historique et protégé du centre-ville, Paris doit mieux exploiter ses marges (les zones proches du périphérique) et la verticalité (les tours).

Certes les projets de tours à Paris n'ont pas toujours été réussis, mais il suffit de voir les projets de gratte-ciels réussis à l'étranger (parfois par des architectes français) pour comprendre que les gratte-ciels fascinent et que l'urbanité verticale est possible sans forcément déboucher sur des cités HLM insalubres. Dans de nombreuses villes (New York, Hong-Kong, Singapour, Londres), les quartiers les plus verticaux sont les plus recherchés.


De plus, en augmentant ponctuellement la densité de population, les tours permettent, dans les centres urbains, de réduire les temps de transport. Si de plus les tours sont construites selon de strictes normes écologiques et de manière à consommer peu d'énergie (voire en produire), alors elles auront également un intérêt écologique.

De nombreuses personnalités de tous bords soutiennent le projet de Tour Triangle des architectes Herzog & de Meuron:

  • Daniel Cohn-Bendit
  • les architectes Renzo Piano, Jean Nouvel (vidéo ci-dessous) et Christian de Portzamparc
  • les maires d'Issy-les-Moulineaux (André Santini - UDI), Vanves (UDI), Boulogne-Billancourt (UMP) dans les Hauts-de-Seine
  • le maire de Cachan (PS) et du député Luc Carvounas (PS) dans le Val-de-Marne
  • le MEDEF Paris


Jean Nouvel : "La tour triangle est un immeuble... par franceinter


Il faut construire des gratte-ciel à Paris ! par Europe1fr

Pour soutenir ce beau projet d'avenir, vous pouvez signer la pétition ci-dessous:
http://tourtriangle.wesign.it/fr

Idées pour la France:

  • construire plus de tours à Paris sans détruire le patrimoine
  • construire plus de tours à Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, etc, sans détruire le patrimoine
  • construire des tours basse consommation, avec l'empreinte écologique la plus faible

16 septembre 2014

Croire en la France

En ces périodes de perte de confiance des Français en leur pays, en leur économie, en leur capacité à rebondir, l'article de Jacques-Antoine Granjon (Fondateur de vente-privee.com) redonne de l'espoir et permet de croire à nouveau en la France.

Cet entrepreneur insiste sur la nécessité de cesser le French-Bashing (dont nous avions parlé précédemment sur ce blog) et de reprendre confiance. La France a des atouts, elle doit savoir les cultiver et doit également chercher à se renforcer du côté de ses faiblesses.



Cet article très motivant, paru dans le Figaro le 13 septembre, a trois conclusions essentielles:

  • nous devons continuer à bien concevoir nos produits (ingéniosité, créativité française)
  • nous devons apprendre à mieux vendre nos produits
  • nous devons attirer les talents et aider les entrepreneurs (attractivité, compétitivité)
La première conclusion, la plus facile à réaliser, consiste à être conscients de nos qualités de créativité et d'ingéniosité et de continuer à les cultiver.
Le deuxième point consiste à comprendre qu'il ne suffit pas que le produit soit bien conçu (comme un Rafale ou un Concorde par exemple), il faut le vendre sinon ce sera un échec.
Le troisième objectif de la France pour Jacques-Antoine Granjon est sans doute le plus difficile à réaliser: réformer la France et son économie afin:

  • de retenir (voire attirer) les profils talentueux qui voient une herbe plus verte en Europe ou à l'étranger (l'Europe n'étant plus vraiment l'étranger)
  • de mieux aider les entrepreneurs et les PME


Et c'est effectivement ce dernier point qui est crucial. Nous devons enfin comprendre que l'économie est un écosystème, et non une lutte des classes. Les entreprises et les syndicats doivent absolument changer de paradigme et apprendre à coopérer afin d'avancer et de réformer ensemble. Il faut enfin réconcilier les travailleurs et les entrepreneurs et comprendre que les uns ont besoin des autres, et inversement. Si les entrepreneurs vont mal et ne créent pas d'emplois / d'entreprises en France, les travailleurs iront mal car le chômage continuera à augmenter. Et inversement, si les employés sont malheureux, cela se ressentira sur la productivité et la créativité.

Mais dans quel sens réformer pour aider à la fois les entrepreneurs et les travailleurs? Une unique réforme nationale ne pourra pas convenir à la diversité des situations (petites/grandes entreprises, start-ups, industrie manufacturière, services...). Comment rédiger une loi qui convienne à tout le monde, ne mécontente personne et s'adapte parfaitement à la diversité des contextes? Cette réforme doit donc se faire au niveau de chaque entreprise. Laissons les entreprises et les syndicats face à leurs responsabilités et laissons les négocier directement au niveau le plus fin (l'entreprise là où c'est possible, sinon la branche) afin de s'adapter au mieux à la variété qui caractérise l'économie française.

La négociation des salaires, des heures de travail (le soir, la nuit?), des jours de travail (le dimanche?), des lieux de travail (à domicile?) ne peut plus avoir lieu au niveau national. Ces discussions doivent avoir lieu au niveau le plus proche du salarié et du chef d'entreprise afin de mettre les deux face à leurs responsabilités et de les inciter à comprendre qu'ils doivent être solidaires l'un de l'autre et non en lutte l'un contre l'autre.

7 juin 2014

Réduire drastiquement l'usage du diesel en France

La France est mal classée en Europe pour ce qui concerne la pollution atmosphérique. Sur les 100 plus grandes villes européennes, seule une ville française est dans la moitié la moins polluée: Toulouse en 47ème position. Paris est en bas du classement (n°84/100), et Marseille ferme quasiment la marche (n°94/100) avec 200 jours par an de dépassement des seuils sanitaires de particules fines (PM10), de dioxyde d'azote (NO2) et d'ozone (O3).

Classement de la qualité de l’air en Europe – les 100 plus grandes villes

Classement de la qualité de l’air en Europe – les 100 plus grandes villes


Ce classement, réalisé par l'association Respire et publié dans WE Demain, n'est pas flatteur pour la France. D'autant plus que c'est par un choix (industriel) que cette pollution est élevée. En effet, la France soutient ses constructeurs qui sont des spécialistes de la motorisation diesel (notamment PSA). Et personne ne le résume aussi bien qu'Arnaud Montebourg en mars dernier:
"Attaquer le diesel c'est attaquer le made in France"

Or selon une étude d'Airparif de mai 2013, le transport routier est responsable en Île-de-France:

  • de 55% des émissions d'oxydes d'azote (NOx)
  • de 25% des émissions de particules (PM10)
  • de 27% des gaz à effet de serre (GES)
Et pour la part des transports routiers au diesel dans la totalité des émissions de polluants en Île-de-France cela donne:

  • de 50% des émissions d'oxydes d'azote (NOx)
  • de 16% des émissions de particules (PM10)
  • de 21% des gaz à effet de serre (GES)

Pollution au diesel en IdF
Part des émissions en IdF NOx PM10 GES
Part du transport routier 55% 25% 27%
Bus et cars - diesel 11% 3% 5%
Poids lourds - diesel 30% 7% 16%
Véhicules utilitaires - diesel 16% 19% 17%
Véhicules particuliers - diesel 34% 33% 39%
Part diesel / émissions transport routier 91% 62% 77%
Part diesel / total émissions 50,1% 15,5% 20,8%

On voit donc clairement qu'inciter (fiscalement? légalement?) les constructeurs automobiles français à investir dans des technologies de motorisation hybride et/ou électrique serait non seulement un projet industriel innovant, mais également une mesure de santé publique vitale.

La deuxième étape serait ensuite d'inciter les consommateurs:
  • à se détourner de la motorisation diesel
  • à réduire leurs trajets automobiles

Idée pour La France:
  • arrêter d'investir dans la motorisation diesel
  • inciter les consommateurs à se détourner des véhicules polluants et réduire leur trajets
  • investir dans la R&D de motorisations hybride et/ou électrique

7 mai 2014

Arrêter la riziculture conventionnelle en Camargue

La riziculture en Camargue est très fortement dépendante des subventions de la PAC. En effet la plupart des agriculteurs de la région estiment qu'entre 40% et 50% de leurs revenus proviennent de subventions.

Cette production de riz en concurrence avec le riz d'Asie est-elle durable? A-t-elle un intérêt?

  • Écologique?: on peut en douter vu l'utilisation de produits phytosanitaires (sauf pour les exploitations bio)
  • Economique?: si l'activité est autant subventionnée, elle n'est pas rentable et n'a donc pas d'intérêt économique à long terme
  • Social?: oui l'intérêt est là, maintenir les emplois des riziculteurs de Camargue
Afin que ces emplois soient préservés, les agriculteurs en question devraient plutôt se réorienter vers:
  • une riziculture innovante: riz rouge, brun ou noir, qui peut être vendu plus cher aux gastronomes, rien ne sert de concurrencer frontalement le riz Basmati d'Asie, il faut s'en démarquer
  • une riziculture bio: les rendements baissent modérément de 5,7 tonnes/ha à 4 tonnes/ha, mais on économise sur les produits phytosanitaires qui sont remplacés par des canards et on peut vendre ce riz plus cher
  • d'autres cultures: tomates: pommes de terre, colza...


Actuellement 12.000 ha de riz sont cultivés en Camargue (contre 20.000 un an plus tôt), à raison de 560 € de subventions de la PAC par hectare, cela fait 6,72 millions d'€ distribués chaque année!
Et ce chiffre est en baisse par rapport à l'année dernière: où 800 €/ha étaient distribués.

Ces 6,7 millions d'€ sont à répartir parmi 230 riziculteurs, soit 29.217 € par riziculteur. De nombreux français ne gagnent même pas ce salaire en un an.

Idées pour la France:
  • Continuer à baisser les subventions pour le riz de Camargue
  • Inciter les riziculteurs à se reconvertir dans la riziculture bio ou à défaut dans la riziculture innovante

24 avril 2014

Rejet par le Canada de l'extension du plateau continental à St-Pierre-et-Miquelon

Suite à l'article de blog du 10/04/2014 "Étendre le plateau continental de la France", une mise à jour s'impose: en effet, le Canada a fait savoir à l'AFP : 
"le Canada estime que la France n'a droit à aucune zone maritime, ni même à un plateau continental étendu, allant au-delà de ce qui lui a été accordé par arbitrage en 1992 à l'égard de Saint-Pierre-et-Miquelon"
Cette réaction d'Ian Trites, porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères canadien, vient après le dépôt, le mercredi 16 avril 2014, du dossier définitif de demande d’extension de son plateau continental au large de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Tant que la France et le Canada ne se mettront pas d'accord sur ces extensions de plateau continental, aucun des deux pays ne sera en mesure de faire valoir ces droits souverains sur ces zones sous-marines. Il ne reste donc plus qu'à négocier avec le Canada pour faire valoir nos droits. Cela risque d'être long...


Réaction au dépôt du dossier de demande d’extension de la députée de Saint-Pierre-et-Miquelon Annick Girardin sur son blog et en vidéo:




Voir également l'article des Echos à ce sujet.

Idées pour la France:
  • négocier avec le Canada pour faire valoir nos droits maritimes autour de Saint-Pierre-et-Miquelon

23 avril 2014

Développer fortement l'économie polynésienne

Les 50 mesures du plan de relance présenté le 16 avril 2014 par le vice-président de la Polynésie Française Nuihau Laurey :

  • http://www.tahiti-infos.com/Les-50-mesures-du-plan-de-relance-dans-le-detail_a99171.html


Les plus intéressantes idées pour la Polynésie Française:

  • Tourisme et transport aérien:
    • Mesure 11: Sites touristiques : Mise en œuvre d’un programme d’aménagement de nos principaux sites touristiques (trois cascades, Pointe Vénus, trou du souffleur) et réhabilitation ou création de sites culturels, de loisirs et d’écotourisme (écomusée Arahurahu (culture), domaine d’Opunohu (écotourisme et tourisme culturel), mémorial américain à Bora Bora, Musée Gauguin, Jardin Botanique, centre culturel de Vaiami). 
    • Mesure 14: Création d’un aérodrome de dégagement permettant de sécuriser les lignes existantes et de réduire le coût d’accès à la Polynésie française, et susceptible de devenir un nouveau point d’entrée. 
    • Mesure 17: Plaisance de luxe : Mesures incitatives en faveur du tourisme nautique avec l’augmentation de la durée du régime des admissions temporaires (passage de 18 à 36 mois), la suppression du délai de carence, une fiscalité allégée lors de la mise à la consommation des navires et l’aménagement des escales dans les îles principales de la Polynésie française (quais de Paopao, Papetoai, Bora, Fakarava). 
    • Mesure 18: Instauration de mesures fiscales incitatives visant à créer une zone franche dans l’archipel des Tuamotu Gambier pour le développement de grands projets aquacoles. 
    • Mesure 19  Valorisation de l’ensemble des filières aquacoles prenant en compte la nature et la quantité de la ressource, les débouchés commerciaux locaux et à l’exportation et les modalités de préservation et de gestion durable de la ressource (bénitiers, holothuries). 
  • Secteur de la mer:
    • Mesure 18: Instauration de mesures fiscales incitatives visant à créer une zone franche dans l’archipel des Tuamotu Gambier pour le développement de grands projets aquacoles. 
    • Mesure 19: Valorisation de l’ensemble des filières aquacoles prenant en compte la nature et la quantité de la ressource, les débouchés commerciaux locaux et à l’exportation et les modalités de préservation et de gestion durable de la ressource (bénitiers, holothuries). 
  • Environnement
    • Mesure 29: Mesures incitatives en faveur de l’équipement écologique des logements (chauffe-eaux solaires, panneaux photovoltaïques, cuves de rétention des eaux pluviales, équipements électriques basse consommation, système de capteurs de mouvements, double vitrages). 
    • Mesure 30: Définition d’un label polynésien de la construction HQE en partenariat avec la CCISM et les professionnels du secteur de la construction et obligation pour les services et établissements publics de réaliser une étude technique de développement durable dans le cadre de tous les projets de constructions neuves. 

Le document complet est disponible ici :


10 avril 2014

Étendre le plateau continental de la France

Depuis la ratification en 1996 du traité de Montego Bay (signé en 1982), la France peut demander à étendre la zone côtière qu'elle contrôle et exploite au-delà de l'actuelle Zone Economique Exclusive (ZEE) limité à 200 miles des côtes.

Ces travaux ont été décidés en 1998 mais sont extrêmement chers. Mais ils devraient permettre à la France d'étendre son domaine maritime (actuellement le deuxième au monde avec 11 millions de km², derrière les Etats-Unis avec 11,3 millions de km²) de près de 2 millions de km² (soit +18%).

C'est le programme national Extraplac qui est en charge de documenter et soumettre les demandes de revendication de la France auprès d'une agence de l'ONU, la Commission des Limites du Plateau Continental (CLPC).

Relevé 3D du plateau continental au large de la Guyane (projet EXTRAPLAC)


Les ressources potentielles qui pourraient se trouver dans cette extension du plateau continental juridique sont essentiellement:
  • énergétiques (hydrocarbures, gaz, hydrates de gaz)
  • et minérales (sulfures hydrothermaux, encroûtements cobaltifères, nodules polymétalliques, terres rares)

La plupart des extensions potentielles du plateau continental pouvant être revendiquées par la France sont partagées avec d'autres pays:
Zones économiques exclusives et l'avancement de leur dossier d'extension du plateau continental
sources: extraplac.fr, lemonde.fr, lefigaro.fr, CLPC

Cette opportunité est à saisir pour la France entière, mais plus particulièrement pour les territoires ultra-marins, comme l'a fait remarquer le ministre Victorin Lurel le 4 février 2014. Il reconnaît l'importance de ces enjeux et donne des dates pour le dépôt des dossiers manquants:
« Les derniers dossiers que le Gouvernement français entend déposer sont relatifs à Saint-Pierre-et-Miquelon et à la Polynésie française. Ils seront déposés respectivement au printemps 2014 et courant 2015. Concernant Saint Pierre et Miquelon, je mesure l’intensité des attentes de nos concitoyens de l’archipel. »

Le Conseil Economique, Social et Environnemental s'est prononcé en octobre 2013 pour que la France finalise le programme Extraplac afin que tous les dossiers puissent aboutir, mais aussi pour que la France se montre exemplaire dans la gestion de ces nouveaux espaces marins qui seront à sa charge.


Une fois ces territoires revendiqués, la prochaine étape sera de mieux connaître ces fonds marins et les ressources qui s'y trouvent afin de savoir s'ils peuvent être exploités ou s'ils doivent être protégés.

Idées pour la France:

  • finaliser les dossiers d'extension du plateau continental
  • mieux étudier ces fonds marins et les ressources qui s'y trouvent
  • impliquer les territoires ultra-marins dans l'exploration des fonds marins et dans les décisions au sujet de leur exploitation ou leur protection

mise à jour du blog à ce sujet le 24 avril:
Rejet par le Canada de l'extension du plateau continental à St-Pierre-et-Miquelon

20 mars 2014

Devenir les spécialistes européens de l'abattage rituel

Les Danois ont de facto interdit le 17 février l'abattage rituel (hallal ou casher) en obligeant à assommer l'animal avant de l'abattre. Les Britanniques parlent actuellement de mettre en place cette obligation d'assommer l'animal.

Pourtant la liberté de pratiquer sa religion est un droit essentiel inscrit dans la convention européenne des droits de l'homme. Le respect de ce droit, y compris pour "les pratiques et l'accomplissement de rites" et ne peut-être limité que par des impératifs liés "à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui".


Article 9 – Liberté de pensée, de conscience et de religion
  1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.
  2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.
Le bœuf écorché - Rembrandt
Le bœuf écorché - Rembrandt

L’abattage rituel (en plus du Danemark et du Royaume-Uni) est d'ores et déjà interdit en Pologne, au Liechtenstein, en Islande, Norvège, Suède et en Suisse.Le nombre de pays européens interdisant l'abattage rituel augmente fortement. Quelles solutions reste-t-il aux musulmans ou juifs pratiquants européens souhaitant respecter leurs traditions alimentaires?

Avec une filière professionnelle, contrôlée, un étiquetage clair et une traçabilité exemplaire, on permet le respect des croyances (ceux qui veulent manger hallal le peuvent, ceux qui ne le veulent pas le peuvent également) tout en informant le consommateur (et donc en respectant le dernier point de la loi: "la protection des droits et libertés d'autrui").
L'enjeu est de pouvoir choisir son alimentation en fonction d'une traçabilité irréprochable et d'un étiquetage évident. Si ces deux impératifs sont respectés, alors, oui, développons en France les abattoirs répondant aux normes rituelles afin de répondre aux demandes croissantes:

  • du marché français
  • du marché européen
  • du marché mondial

Il est important de pouvoir proposer à tous des aliments de qualité, produits à proximité et dans le respect de l'environnement (agriculture raisonnée, agriculture biologique). Ces aliments de qualité (sans OGM, sans hormones) ne doivent pas être réservés à une frange "de souche" de la population.

La France est un leader dans le domaine agricole, surtout pour la production de qualité. Elle peut le rester, notamment:
  • en proposant un diversité de produits agro-alimentaires de qualité pour répondre à une diversité de la demande

Les marques les plus dynamiques en France selon leur région d'origine

L'institut TNS-Sofres a publié les résultats d'une étude sur les marques les plus dynamiques en France.
Sur les 270 marques étudiées, plus de la moitié (167) sont françaises ou d'origine française.
Voici les marques les plus dynamiques pour chacune de leurs régions d'origine:

Marques les plus dynamiques de France par région d'origine


Fond de carte: Université d'Aix-Marseille

Analyse de cette étude dans un article des Echos du 24/10/2013.

Les régions de Guyane, Nouvelle-Calédonie et Guadeloupe n'ont pas de marque présente dans les résultats de l'étude.

Découvrir d'autres idées pour la France

13 mars 2014

Légitimer l'économie collaborative

L'économie collaborative est un secteur nouveau en pleine croissance et dans lequel la France a des atouts dans cette nouvelle économie:
  • sensibilité au concept de la solidarité
  • maturité des usages numériques
  • crise prolongée qui impose de chercher des moyens d'entraide, de nouvelles manières de consommer moins cher et mieux
Qu'est-ce que l'économie collaborative?:
L'économie collaborative vise à produire de la valeur en commun et repose sur de nouvelles formes d'organisation du travail. Elle s'appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des espaces et des outils et  l'organisation des citoyen en "réseau" ou en communauté.
(source Wikipédia)

(source: magazine OuiShare)

Dans économie collaborative, on comprend donc:

  • des façons de se loger (colocation, habitat collectif, couchsurfing...)
  • des façons de se déplacer (covoiturage)
  • des façons de se nourrir (AMAP)
  • des façons de produire (Fablabs, impression en 3D, bricolage...)
  • des façons de se financer (crowd-funding, prêt P2P....)
  • des façons d'apprendre, de s'informer (creative commons, open data, open education...)
L'ère de l'achat et de la possession arrive peut-être à sa fin et sera remplacée par l'ère de l'accès et du partage. J'aime particulièrement l’exemple de la perceuse dans la vidéo suivante: votre perceuse sera utilisée en tout 12min dans sa vie. Si l'économie collaborative permet d'acheter une perceuse pour 100 personnes en la partageant, cette perceuse sera bien mieux utilisée (une vingtaine d'heures). C'est sans doute un des meilleurs exemples du "consommer moins pour consommer mieux".

Explication en vidéo:

(source: le blog de la consommation collaborative)

Pourquoi la France devrait-elle agir (d'un point de vue législatif et d'un point éducatif) pour légitimer ce mode de production et de consommation? Tout est dans cette tribune publiée dans le Monde du 6 mars 2014, il n'y a pas grand-chose à ajouter.

Trois belles idées se trouvent à la fin de ce texte signé par des acteurs français de l'économie collaborative (les fondateurs / dirigeants de OuiShare, Blablacar, FaberNovel, La Ruchue qui dit oui, KissKissBankBank,....):

  • aider les start-ups françaises à se développer à l'international
  • faire la promotion de et enseigner l'économie collaborative
  • supprimer les freins législatifs au développement de l'économie collaborative

Découvrir d'autres idées pour la France

28 février 2014

Allez chercher des idées et des opportunités au-delà des frontières: Barrez-vous !

La France vous semble paralysée? La France vous semble apeurée et tétanisée par la vision de son propre déclin? Alors barrez-vous !
Allez chercher des idées et des opportunités au-delà des frontières. Allez réaliser vos rêves là où l'on ne vous en empêche pas!

Une tribune parue dans Libération le 3 septembre 2012 enjoignait les jeunes à quitter la France pour vivre de nouvelles aventures, pour vivre mieux, pour s'enrichir et pour partir et puis revenir peut-être et puis repartir.
Les auteurs de cette tribune (un rappeur, un journaliste et un entrepreneur), qui ont également créé un site ouèbe éponyme, ont raison: être français n'oblige pas à rester sur le territoire français toute sa vie (sinon à quoi servent les députés des français de l'étranger?). Être patriote n'oblige pas à rester en France, au contraire! La France a besoin de forces vives (entrepreneurs, professeurs, membres d'ONG, fonctionnaires internationaux, chercheurs, ingénieurs...) à l'extérieur de ses frontières. On parle systématiquement de l'universalité des valeurs de la France: allons donc les porter au-delà des frontières! Si ces valeurs restent en France, elles ne seront jamais universelles, elles ne rayonneront pas.

La contre-tribune du 14 septembre 2012 dans le Monde avait pour mot d'ordre: "Battez-vous". Cette contre-tribune n'en est pas vraiment une: pour les uns il faut changer la France de l'extérieur, de l'autre il faut la changer de l'intérieur.

Que vous restiez ou que vous vous barriez, le constat est le même: la France est bloquée, paralysée. Ce sentiment de blocage vient de réapparaître dans les résultats d'une grande enquête lancée par France Télévisions: "Génération Quoi?"

Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences respectivement à l'EHESS et à l'université Paris-VIII, qui ont contribué à concevoir le questionnaire, ont analysé les résultats de l'enquête pour le Monde dans un article du 25 février:
« C'est une génération qui veut entrer de plain-pied dans une société vieillissante. Elle enrage de piétiner à son seuil. Elle ne veut rien renverser, elle n'est pas en conflit de valeurs, mais elle trouve toutes les portes fermées, et elle envoie un avertissement. »
Quelles sont ces portes fermées? La réponse suivante vient de Matthias Leridon, dans un article du Figaro paru le 27 février 2014 et faisant écho à l'enquête de France Télévisions:
Clairement, pour les Français, et pour les moins de trente ans encore plus, l'inégalité est au rendez-vous autour de deux sujets clé: respectivement 75% et 74% des sondés estiment que les jeunes ne sont pas égaux face à l'accès à l'emploi et au logement. «Ces deux difficultés sont précisément les deux aspirations principales de la jeunesse, synonyme d'indépendance et de passage à l'âge adulte», observe Matthias Leridon, président de Tilder.
En protégeant les locataires à l'extrême, on rend l'investissement immobilier risqué et on renchérit fortement les loyers. En ne protégeant pas les propriétaires contre les impayés, ceux-ci décident de prendre en main leur protection en demandant un nombre incroyable de pièces justificatives et de garanties (bulletin de salaire des parents, garanties d'une personne vivant en France....) excluant de fait même les jeunes gagnant bien leur vie mais n'ayant pas de parents aisés, ainsi que les étrangers n'ayant pas de garants résidant en France. En fléchant massivement l'épargne des propriétaires vers l'investissement locatif, on créé des bulles immobilières qui ne se dégonflent (du fait de la rigidité du marché immobilier?) pas en cas de crise comme dans les autres pays d'Europe.
Sans parler de la discrimination raciale (certains immeubles parisiens appartenant à des particuliers frappent par l'absence de diversité de couleur de peau chez les locataires) ou celle liée à l'emploi (certaines agences immobilières ne prennent que ceux ayant un emploi dans le service public). Les jeunes voient des barrières (financières, raciales, administratives) s'élever devant eux lorsqu'ils souhaitent trouver un logement.

Des barrières similaires existent lorsqu'un jeune cherche à accéder à un emploi. La sur-protection du CDI fait que ce contrat est de moins intéressant pour les entreprises et que celles-ci multiplient donc les contrats plus précaires. Dans le domaine de l'emploi la discrimination raciale, sexuelle ou géographique (quel est ton code postal?) est aussi à l'oeuvre. Dans l'article du Monde du 25 février 2014:
Les jeunes valorisent d'autant plus le travail qu'il leur échappe, un quart d'entre eux connaissant le chômage. Seule une toute petite frange le rejette, envisageant de vivoter en marge du système. 81 % des répondants disent que le travail est important dans leur vie. Et pas seulement pour gagner de l'argent. La moitié déclare que travailler sert avant tout à s'épanouir.
Dans l'article Figaro du 27 février "Jeunesse révoltée : les raisons de la colère", le le philosophe de l'éducation Eric Deschavanne affirme:
Le facteur le plus évident est bien entendu la situation économique - pas seulement la conjoncture, mais aussi les traits les plus caractéristiques de notre modèle, avec notamment cette rigidité du marché du travail préjudiciable aux outsiders, dont les jeunes font par définition partie. Indépendamment du niveau de vie, l'absence de perspective de progrès et de marge de manœuvre personnelle minent le moral.
En sur-protégeant ceux qui sont déjà locataires ou déjà propriétaires, en sur-protégeant ceux qui ont déjà un emploi, un CDI, on hérisse des barrières à l'entrée autour de ces deux éléments qui sont le saint Graal de tout français: avoir un CDI et être propriétaire. Cette sur-protection des "générations établies" exclut de fait les jeunes et les enfants d'immigrés.


Ce phénomène de sur-protection se retrouve aussi au niveau des retraites. On protège un système qui ne peut plus tenir d'un point de vue démographique et qui creuse notre dette. L'état tient à bout de bras un système de plus en plus déséquilibré et qui va coûter de plus en plus cher. Mais la réforme de ce système n'est pas acceptée par les "générations établies" (ceux qui seront bientôt à la retraite ou qui y sont déjà), alors qu'elle profiterait aux générations futures. D'ailleurs certains jeunes ont manifesté en 2012 contre la réforme des retraites. Alors que c'est pour eux que ce système à bout de souffle doit être réformé.

Lorsque les portes d'entrée dans la vie adulte sont fermées en France, il est normal que les jeunes aient la tentation d'aller voir ailleurs! Dans l'article du Monde du 25 février 2014:
« T'installer à l'étranger, ça te tente ? » Evidemment oui, cela tente les trois quarts des participants à l'enquête. Inhérente à la jeunesse, cette envie d'aller voir ailleurs est plus que jamais valorisée dans la société. Mais 24 % des jeunes se sont reconnus dans une expression volontairement rageuse, hargneuse, qui leur était suggérée : « Dès que je peux, je me barre. » « Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l'impasse, chômeurs, petits contrats, stagiaires… », à en croire les sociologues.
Idées pour la France:
  • inciter les jeunes à partir à l'étranger et créer leur réseau à l'étranger et leur permettre de revenir dans de bonnes conditions lorsqu'ils le souhaitent
  • abaisser les barrières d'entrée au CDI et au logement afin que les jeunes et les étrangers aient un avenir en France
  • cela suppose de rogner sur les privilèges des générations établies


27 février 2014

Nous inspirer des nos voisins proches qui réussissent

Parfois, il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des idées. Comme le dit Xavier Fontanet (ancien président du groupe Essilor) dans son analyse du classement PwC des 100 plus grandes capitalisations en Europe : "soyons humbles et allons puiser des idées là où ça marche"

En effet dans ce classement PwC, trois des cinq premières capitalisations boursières européennes sont suisses. Et parmi les 100 premières capitalisations, 10 sont originaires de Suisse. Pour un petit pays c'est une grande performance (la Belgique n'a qu'une entreprise dans le classement, le Danemark deux).

Certes la capitalisation boursière n'est pas tout dans une stratégie économique et toutes les idées suisses ne sont pas bonnes à prendre (notamment en terme de restriction de l'immigration ou de défense de l'espace aérien). Mais la capacité de la Suisse à être un pays industriel et compétitif (et pas seulement une place financière comme nous le rappelle Xavier Fontanet) alors que les salaires y sont plus élevés qu'en France nous interpelle forcément.

Idées pour la France:
  • réduire notre arrogance et convenir que d'autres pays font parfois mieux
  • aller puiser des idées applicables tout près de nos frontières : article de Xavier Fontanet sur "l'exemple Suisse"


14 février 2014

Régionaliser le SMIC

Le SMIC est unique partout en France, quel que soit le secteur d'activité, quel que soit le métier, quel que soit la région, quel que soit le profil du salarié (étudiant, mère célibataire...).
Pourtant le coût de la vie diffère fortement d'une région à l'autre, il est 13% plus élevé en Île-de-France qu'en province. Cela signifie qu'il y a des disparités régionales et donc que soit le niveau du SMIC en Île-de-France est actuellement sous-évalué de 13%, soit qu'il est sur-évalué de 13% en province.

Les données utilisées dans cette étude de l'INSEE ci-dessous datent de 2006, mais l'écart constaté de 13% doit sans doute être toujours d’actualité (peut-être s'est-il accru?):

"Sur le territoire français, des différences de niveaux de prix existent aussi : les prix des dépenses de consommation sont plus élevés en moyenne de 13 % en Île-de-France qu’en province. L’écart s’explique pour plus de la moitié par les niveaux de loyers, supérieurs de près de 50 % pour les Franciliens. Sur les autres postes de dépenses, le surcroît de prix est plus important pour les services (consultations médicales, cafés, restaurants, salons de coiffure...) que pour les biens (produits alimentaires, vêtements, meubles...). La différence globale de niveaux de prix entre la région parisienne et la province est du même ordre de grandeur que celle observée sur les niveaux de rémunération."
(source: site de l'INSEE: étude sur les niveaux de prix en France)

Le SMIC est actuellement fixé au niveau national à 1445,38 par mois (depuis le 19/12/2013). Cela permet de bien mieux vivre dans le Limousin ou en Picardie qu'en Île-de-France ou en Alsace.

Pouvoir d'achat en France en 2013 (Institut GfK)

Afin de mieux s'adapter à ces fortes disparités régionales, laissons donc les régions décider du niveau du SMIC afin de coller au mieux au coût de la vie et au dynamisme de l'économie dans chaque région. Cela permettrait:
  • à la fois de "tester" différentes stratégies d'évolution du SMIC (en permettant de comparer l'évolution économique d'une région qui augmente son SMIC à celle d'une région qui diminue son SMIC)
  • de rapprocher la prise de décision des citoyens et des entreprises impactés par ces décisions
  • de créer une concurrence saine entre régions: soit pour attirer les travailleurs en augmentant le SMIC, soit pour attirer les entreprises en le réduisant.
Cela pourrait permettre à certaines régions en manque de compétitivité de doper celle-ci, surtout lorsque la région est en compétition directe avec des régions européennes de l'autre côté de la frontière qui ne sont pas soumises au même niveau de salaire minimum.


La mise en place de cette mesure pourrait passer par la fixation d'un SMIC national inférieur au SMIC actuel, seuil en-dessous duquel aucune région ne pourrait fixer son SMIC régional. Ensuite chaque région aurait la possibilité de fixer un niveau de SMIC régional supérieur au seuil fixé au niveau national.

Cette mesure est notamment rendue possible par le niveau relativement élevé du salaire minimum par rapport à nos voisins, comme l'indique le rapport du groupe d'experts sur la revalorisation du SMIC (29 novembre 2013):
"Finalement, il convient aussi de souligner qu'en termes de comparaison internationale et exprimé en proportion du salaire médian, le SMIC est aujourd'hui très nettement au-dessus des niveaux constatés dans les autres pays de l'OCDE disposant d'un salaire minimum."

Idées pour la France:
  • donner la prérogative de détermination du montant du SMIC aux régions
  • donner la possibilité aux régions qui le souhaitent de descendre en-dessous du niveau actuel du SMIC

11 février 2014

Changer de discours au sujet de la dette

Plus personne n'est protégé: ni les militaires, ni les taxis, ni les infirmières, ni les retraités, ni les professeurs, ni les intérimaires, ni les cadres, ni les patrons, ni les chômeurs, ni les rentiers, ni les classes moyennes.... Tout le monde va devoir payer pour rembourser la dette. Tout les Français devront renoncer à un avantage acquis, à un statut privilégié, à un ou plusieurs points de salaire.

La situation est pour l'instant tenable, la population française ne ressent pas encore (assez?) l'impact de la dette sur la dépense publique. Les taux d'intérêts sont encore relativement bas et la France peut emprunter à taux avantageux. Pourtant il est probable que les taux d'intérêts augmentent en 2014, comme l'indique Georges Ugeux dans son article du 3 mars 2014 sur son blog "Démystifier la finance":
Dans un contexte où l’on voit mal les taux d’intérêt mondiaux diminuer, suite à la décision de la Federal Reserve de diminuer ses interventions mensuelles de 85 à 65 milliards de dollars, nous ne pouvons pas exclure une hausse des taux d’intérêt durant l’exercice 2014.
En cas d'augmentation des taux d'intérêt, la dette deviendra de plus en plus difficile à rembourser et le poids du remboursement de la dette dans le budget français augmentera. Nous devons absolument nous débarrasser de ce fardeau pour nous redonner des marges de manœuvre budgétaires, nous réapproprier notre indépendance.

Graphe INSEE de la dette publique française
Graphe de l'INSEE de la dette publique française:
La dette a fortement augmenté ces dernières années, elle semble actuellement se stabiliser, mais il faut aller plus loin et la faire baisser de manière drastique.

Il est essentiel pour le gouvernement et pour les partis politiques en général d'avoir un discours de vérité: la taille du gâteau à partager entre tous les Français va se réduire. Afin de rembourser la dette, il y aura de moins en moins de "cadeaux" distribués à telle ou telle catégorie socio-professionnelle. Fini les acquis sociaux en croissance perpétuelle, fini les salaires qui augmentent sans jamais diminuer, fini les loyers qui montent mais ne baissent jamais... Il vaut mieux une diminution contrôlée, régulière et volontaire aujourd'hui, qu'une chute brutale, douloureuse et incontrôlée à plus long-terme.

La question est donc de savoir quelle catégorie socio-professionnelle sera la première à donner. Qui sera la premier à se sacrifier (à être sacrifié) ? L'eau est froide et personne ne souhaite se lancer en premier. En ayant un discours de vérité et en indiquant clairement dès le début d'un mandat politique que tout le monde devra payer et que les sacrifies devront être équitablement partagés par toute la population, on aidera peut-être à faire passer la pilule.

Aujourd'hui de nombreuses catégories socio-professionnelles ou corporations manifestent bruyamment car elles ont l'impression d'être désavantagées par rapport à d'autres, de payer plus que les autres. Afin d'être transparents et honnêtes avec les Français (qui font de moins en moins confiance aux partis politiques), les partis politiques doivent lister les économies qu'ils prévoient de faire et indiquer comment ces économies seront réparties de manière équitable. La communication, la pédagogie et la transparence sont essentielles afin de faire accepter un effort de réduction de la dette correctement partagé à travers le pays.

Et pour se faire peur, vous pouvez aller voir le compteur de la dette!

Idées pour la France:
  • tenir un discours de vérité et être honnête avec les Français
  • annoncer clairement que l'objectif de réduction de la dette devra être porté par tous


3 janvier 2014

Engager la transition énergétique à l'aide d'atolls énergétiques

La France et l'Europe doivent engager leur transition énergétique afin de ne quasiment plus dépendre d'énergies fossiles non-renouvelables. Mais le défi de remplacer l'énergie nucléaire (80,4% de la production électrique en bas de ma dernière facture EDF) par des énergies renouvelables est gigantesque.

En effet le grand inconvénient des énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien est d'être intermittent et de ne pas coller systématiquement aux pics de consommation.

Pour remédier à cet inconvénient majeur, il faut pouvoir stocker l'énergie. Deux voies semblent actuellement possibles pour devenir les modes de stockage énergétique du futur:
  • les batteries décentralisées de type Bolloré pour stocker l'énergie chez les particuliers en heures creuses
  • les STEP (station de transfert d'énergie par pompage)
Intéressons-nous ici aux STEP. Ces STEP existent déjà, notamment dans les Alpes, et permettent, en reliant deux lacs (un en altitude, un en fond de vallée), de stocker le surplus d'énergie produite en heures creuses (par les centrales nucléaires notamment) et de la restituer en période de pics de consommation.

Des projets bien plus grands et au large des côtes sont désormais envisagés pour stocker l'énergie produite par des éoliennes ou des panneaux solaires: un "donut énergétique" de 2,5km de diamètre en Belgique ou des GreenPower Islands au Danemark.


Ces projets auraient l'avantage de pouvoir corriger l'intermittence de la production des éoliennes off-shore tout en :
  • sécurisant l'apport énergétique (en offrant de grandes capacités de stockage)
  • servant de support pour des panneaux photo-voltaïques qui peuvent également stocker leur énergie dans l'atoll
  • générant de l'énergie marémotrice entre l'atoll et le continent
  • hébergeant de bassins d'aquaculture
  • servant de zones de loisir et/ou de zone d'activité portuaires
Comme le rappelle le spécialiste des STEP François de Lempérière dans son étude sur les lacs d'Emeraude, ces projets n'ont d'intérêt pour des capacités de stockage élevées (150 GWh et plus).

Le coût est plus élevé pour un bassin de stockage construit en pleine mer que pour un bassin creusé sur terre, mais le bassin en pleine mer a l'avantage de ne pas empiéter sur les terres arables.

Idée pour la France:

  • lancer des projets d'atolls énergétiques afin d'engager la transition énergétique tout en corrigeant le problème d'intermittence des énergies renouvelables

30 décembre 2013

Poursuivre et approfondir la réforme des retraites

Jean-Olivier Hairault, Xerfi Canal - Retraites : travailler plus longtemps - Vidéo Dailymotion


Jean-Olivier Hairault, Xerfi Canal Retraites... par GroupeXerfi

La réforme des retraites est sans doute la réforme la plus importante et la plus emblématique que doit mettre en place la France actuellement. Des réformes ont déjà été menées en 1993, en 2003 et en 2010 mais elles n'ont pas suffi. L'allongement constant de la durée de vie fait que les cotisations prélevées sur les revenus des actifs ne couvrent pas les pensions payées aux retraités.

La France est un des pays d'Europe où les actifs partent le plus tôt à la retraite (58,7 ans en moyenne contre 61,6 pour l'Allemagne et 63,2 pour le Royaume-Uni et 60 ans en moyenne dans l'UE), et le seul pays où l'âge légal de départ à la retraite est inférieur à 65 ans (cf tableau 3.a du dossier CFDT sur les retraites) (60 ans officiellement actuellement).

Comment réformer un système auquel les Français tiennent tant et que dire aux Français pour qu'ils acceptent ces réformes?

Jean-Olivier Hairault indique dans son livre "Vivre et travailler plus longtemps" et dans l'interview ci-dessus (effectuée par l'institut d'études économiques Xerfi et diffusée sur Xerfi Canal) que les trois options possibles pour remédier à ce déficit du régime des retraites sont:

  • augmenter les cotisations
  • baisser les pensions
  • allonger la durée d'activité
Sa préférence va clairement à la troisième option. En effet la première option revient à baisser le niveau de vie des actifs, la deuxième revient à baisser le niveau de vie des retraités.

Le succès de la réforme de 2003 a été, selon Jean-Olivier Hairault, de permettre l'introduction de la retraite choisie grâce à un système de surcote et de décote (5% en plus ou en moins sur la pension par année travaillée en plus ou en moins)

Et ce que nous apprend Jean-Olivier Hairault, c'est que sur le tiers de Français qui prennent une retraite choisie, ils sont presque deux fois plus nombreux à choisir la surcote (18%) plutôt que la décote (10%). Les Français font donc clairement le choix du niveau de vie. Les Français sont prêts à travailler plus longtemps pour avoir des pensions plus élevées.

Enfin, ce chercheur bat en brèche l'idée selon laquelle cela ne sert à rien d'allonger la durée de cotisation puisque le taux d'activité des seniors est très faible:
Le taux d'activité des 60-65 ans est faible tout simplement parce que l'âge de la retraite est faible.
Le taux d'activité des 55-59 ans est faible du fait notamment de la proximité de l'âge de la retraite qui créé des problèmes d'employabilité, "l'effet d'horizon" comme l'appelle Jean-Olivier Hairault.

Idées pour la France suite à cette interview de Jean-Olivier Hairault:
  • il faut dire la vérité aux Français et fixer un cap: la durée de cotisation doit être allongée
  • il faut allonger la durée de cotisation beaucoup plus rapidement que le rythme actuellement prévu afin d'être à 44 années de cotisation à l'horizon 2025
  • il faut arrêter la baisse des pensions (introduite par la désindexation des pensions par rapport aux salaires en 2003)
  • ne pas se tromper de réforme: la réforme de la retraite par la mise en place d'une retraite par points n'est pas essentielle et pas urgente