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19 novembre 2014

Construire des tours en France - et notamment la Tour Triangle à Paris

Le lundi 17 novembre, le conseil de Paris a rejeté le projet de construction de la Tour Triangle à la porte de Versailles. Malgré l'importance des enjeux (architecturaux ou d'attractivité économique), le débat semble aujourd'hui se résumer à une bataille d'égos entre Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet.

vue du projet de Tour Triangle vers Issy-les-Moulineaux

Paris étouffe dans son périphérique, Paris étouffe dans son héritage. Cette tour aurait pourtant l'avantage de faire respirer Paris.

vue u projet de tour Triangle vers Paris et la Défense

Tout d'abord il faut ouvrir Paris vers la banlieue, vers la petite couronne en créant des symboles attirants, des lieux de vie et de travail aux portes de Paris, en se rapprochant ou au besoin en enjambant le périphérique:
  • le musée de la Villette
  • le tribunal de grande instance aux Batignolles et le parc Clichy-Batignolles
  • le ministère de la Défense à Balard
  • le nouveau cinéma étoile à la porte des Lilas (construit à cheval sur le périphérique)
  • l'université Paris Diderot dans le 13ème arr. (rénovation des grands moulins de Paris) et la ZAC Paris Rive Gauche
  • la ZAC Gare de Rungis en cours de développement
Ces bâtiments créent des lieux de vie et de travail dans des zones qui étaient précédemment considérées comme inhospitalières. Ces zones constituent les marges de Paris ainsi que les marges de la petite couronne. Elles permettent de faire communiquer Paris avec sa banlieue en créant des centres de gravité à cheval sur le périphérique qui attirent franciliens et parisiens et tissent un lien par-dessus le périph'. En offrant des équipements modernes et de qualité aux habitants de Paris et de la petite couronne, on peut espérer qu'un jour le périphérique ne soit plus une muraille infranchissable, mais une grande avenue urbaine ponctuée de ministères, lieux culturels, tours de bureaux, œuvres d'art et autres grands équipements.

Non seulement Paris doit se tourner vers la banlieue, mais Paris doit aussi se tourner vers le futur. Sans détruire son passé. Il est aujourd'hui quasiment impossible de construire un bâtiment moderne dans le centre de Paris, il n'y a qu'à voir les polémiques générées par le projet de rénovation / extension de la Samaritaine. Pour se renouveler et investir dans l'avenir sans toucher au bâti historique et protégé du centre-ville, Paris doit mieux exploiter ses marges (les zones proches du périphérique) et la verticalité (les tours).

Certes les projets de tours à Paris n'ont pas toujours été réussis, mais il suffit de voir les projets de gratte-ciels réussis à l'étranger (parfois par des architectes français) pour comprendre que les gratte-ciels fascinent et que l'urbanité verticale est possible sans forcément déboucher sur des cités HLM insalubres. Dans de nombreuses villes (New York, Hong-Kong, Singapour, Londres), les quartiers les plus verticaux sont les plus recherchés.


De plus, en augmentant ponctuellement la densité de population, les tours permettent, dans les centres urbains, de réduire les temps de transport. Si de plus les tours sont construites selon de strictes normes écologiques et de manière à consommer peu d'énergie (voire en produire), alors elles auront également un intérêt écologique.

De nombreuses personnalités de tous bords soutiennent le projet de Tour Triangle des architectes Herzog & de Meuron:

  • Daniel Cohn-Bendit
  • les architectes Renzo Piano, Jean Nouvel (vidéo ci-dessous) et Christian de Portzamparc
  • les maires d'Issy-les-Moulineaux (André Santini - UDI), Vanves (UDI), Boulogne-Billancourt (UMP) dans les Hauts-de-Seine
  • le maire de Cachan (PS) et du député Luc Carvounas (PS) dans le Val-de-Marne
  • le MEDEF Paris


Jean Nouvel : "La tour triangle est un immeuble... par franceinter


Il faut construire des gratte-ciel à Paris ! par Europe1fr

Pour soutenir ce beau projet d'avenir, vous pouvez signer la pétition ci-dessous:
http://tourtriangle.wesign.it/fr

Idées pour la France:

  • construire plus de tours à Paris sans détruire le patrimoine
  • construire plus de tours à Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, etc, sans détruire le patrimoine
  • construire des tours basse consommation, avec l'empreinte écologique la plus faible

23 avril 2014

Développer fortement l'économie polynésienne

Les 50 mesures du plan de relance présenté le 16 avril 2014 par le vice-président de la Polynésie Française Nuihau Laurey :

  • http://www.tahiti-infos.com/Les-50-mesures-du-plan-de-relance-dans-le-detail_a99171.html


Les plus intéressantes idées pour la Polynésie Française:

  • Tourisme et transport aérien:
    • Mesure 11: Sites touristiques : Mise en œuvre d’un programme d’aménagement de nos principaux sites touristiques (trois cascades, Pointe Vénus, trou du souffleur) et réhabilitation ou création de sites culturels, de loisirs et d’écotourisme (écomusée Arahurahu (culture), domaine d’Opunohu (écotourisme et tourisme culturel), mémorial américain à Bora Bora, Musée Gauguin, Jardin Botanique, centre culturel de Vaiami). 
    • Mesure 14: Création d’un aérodrome de dégagement permettant de sécuriser les lignes existantes et de réduire le coût d’accès à la Polynésie française, et susceptible de devenir un nouveau point d’entrée. 
    • Mesure 17: Plaisance de luxe : Mesures incitatives en faveur du tourisme nautique avec l’augmentation de la durée du régime des admissions temporaires (passage de 18 à 36 mois), la suppression du délai de carence, une fiscalité allégée lors de la mise à la consommation des navires et l’aménagement des escales dans les îles principales de la Polynésie française (quais de Paopao, Papetoai, Bora, Fakarava). 
    • Mesure 18: Instauration de mesures fiscales incitatives visant à créer une zone franche dans l’archipel des Tuamotu Gambier pour le développement de grands projets aquacoles. 
    • Mesure 19  Valorisation de l’ensemble des filières aquacoles prenant en compte la nature et la quantité de la ressource, les débouchés commerciaux locaux et à l’exportation et les modalités de préservation et de gestion durable de la ressource (bénitiers, holothuries). 
  • Secteur de la mer:
    • Mesure 18: Instauration de mesures fiscales incitatives visant à créer une zone franche dans l’archipel des Tuamotu Gambier pour le développement de grands projets aquacoles. 
    • Mesure 19: Valorisation de l’ensemble des filières aquacoles prenant en compte la nature et la quantité de la ressource, les débouchés commerciaux locaux et à l’exportation et les modalités de préservation et de gestion durable de la ressource (bénitiers, holothuries). 
  • Environnement
    • Mesure 29: Mesures incitatives en faveur de l’équipement écologique des logements (chauffe-eaux solaires, panneaux photovoltaïques, cuves de rétention des eaux pluviales, équipements électriques basse consommation, système de capteurs de mouvements, double vitrages). 
    • Mesure 30: Définition d’un label polynésien de la construction HQE en partenariat avec la CCISM et les professionnels du secteur de la construction et obligation pour les services et établissements publics de réaliser une étude technique de développement durable dans le cadre de tous les projets de constructions neuves. 

Le document complet est disponible ici :


10 avril 2014

Étendre le plateau continental de la France

Depuis la ratification en 1996 du traité de Montego Bay (signé en 1982), la France peut demander à étendre la zone côtière qu'elle contrôle et exploite au-delà de l'actuelle Zone Economique Exclusive (ZEE) limité à 200 miles des côtes.

Ces travaux ont été décidés en 1998 mais sont extrêmement chers. Mais ils devraient permettre à la France d'étendre son domaine maritime (actuellement le deuxième au monde avec 11 millions de km², derrière les Etats-Unis avec 11,3 millions de km²) de près de 2 millions de km² (soit +18%).

C'est le programme national Extraplac qui est en charge de documenter et soumettre les demandes de revendication de la France auprès d'une agence de l'ONU, la Commission des Limites du Plateau Continental (CLPC).

Relevé 3D du plateau continental au large de la Guyane (projet EXTRAPLAC)


Les ressources potentielles qui pourraient se trouver dans cette extension du plateau continental juridique sont essentiellement:
  • énergétiques (hydrocarbures, gaz, hydrates de gaz)
  • et minérales (sulfures hydrothermaux, encroûtements cobaltifères, nodules polymétalliques, terres rares)

La plupart des extensions potentielles du plateau continental pouvant être revendiquées par la France sont partagées avec d'autres pays:
Zones économiques exclusives et l'avancement de leur dossier d'extension du plateau continental
sources: extraplac.fr, lemonde.fr, lefigaro.fr, CLPC

Cette opportunité est à saisir pour la France entière, mais plus particulièrement pour les territoires ultra-marins, comme l'a fait remarquer le ministre Victorin Lurel le 4 février 2014. Il reconnaît l'importance de ces enjeux et donne des dates pour le dépôt des dossiers manquants:
« Les derniers dossiers que le Gouvernement français entend déposer sont relatifs à Saint-Pierre-et-Miquelon et à la Polynésie française. Ils seront déposés respectivement au printemps 2014 et courant 2015. Concernant Saint Pierre et Miquelon, je mesure l’intensité des attentes de nos concitoyens de l’archipel. »

Le Conseil Economique, Social et Environnemental s'est prononcé en octobre 2013 pour que la France finalise le programme Extraplac afin que tous les dossiers puissent aboutir, mais aussi pour que la France se montre exemplaire dans la gestion de ces nouveaux espaces marins qui seront à sa charge.


Une fois ces territoires revendiqués, la prochaine étape sera de mieux connaître ces fonds marins et les ressources qui s'y trouvent afin de savoir s'ils peuvent être exploités ou s'ils doivent être protégés.

Idées pour la France:

  • finaliser les dossiers d'extension du plateau continental
  • mieux étudier ces fonds marins et les ressources qui s'y trouvent
  • impliquer les territoires ultra-marins dans l'exploration des fonds marins et dans les décisions au sujet de leur exploitation ou leur protection

mise à jour du blog à ce sujet le 24 avril:
Rejet par le Canada de l'extension du plateau continental à St-Pierre-et-Miquelon

3 janvier 2014

Engager la transition énergétique à l'aide d'atolls énergétiques

La France et l'Europe doivent engager leur transition énergétique afin de ne quasiment plus dépendre d'énergies fossiles non-renouvelables. Mais le défi de remplacer l'énergie nucléaire (80,4% de la production électrique en bas de ma dernière facture EDF) par des énergies renouvelables est gigantesque.

En effet le grand inconvénient des énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien est d'être intermittent et de ne pas coller systématiquement aux pics de consommation.

Pour remédier à cet inconvénient majeur, il faut pouvoir stocker l'énergie. Deux voies semblent actuellement possibles pour devenir les modes de stockage énergétique du futur:
  • les batteries décentralisées de type Bolloré pour stocker l'énergie chez les particuliers en heures creuses
  • les STEP (station de transfert d'énergie par pompage)
Intéressons-nous ici aux STEP. Ces STEP existent déjà, notamment dans les Alpes, et permettent, en reliant deux lacs (un en altitude, un en fond de vallée), de stocker le surplus d'énergie produite en heures creuses (par les centrales nucléaires notamment) et de la restituer en période de pics de consommation.

Des projets bien plus grands et au large des côtes sont désormais envisagés pour stocker l'énergie produite par des éoliennes ou des panneaux solaires: un "donut énergétique" de 2,5km de diamètre en Belgique ou des GreenPower Islands au Danemark.


Ces projets auraient l'avantage de pouvoir corriger l'intermittence de la production des éoliennes off-shore tout en :
  • sécurisant l'apport énergétique (en offrant de grandes capacités de stockage)
  • servant de support pour des panneaux photo-voltaïques qui peuvent également stocker leur énergie dans l'atoll
  • générant de l'énergie marémotrice entre l'atoll et le continent
  • hébergeant de bassins d'aquaculture
  • servant de zones de loisir et/ou de zone d'activité portuaires
Comme le rappelle le spécialiste des STEP François de Lempérière dans son étude sur les lacs d'Emeraude, ces projets n'ont d'intérêt pour des capacités de stockage élevées (150 GWh et plus).

Le coût est plus élevé pour un bassin de stockage construit en pleine mer que pour un bassin creusé sur terre, mais le bassin en pleine mer a l'avantage de ne pas empiéter sur les terres arables.

Idée pour la France:

  • lancer des projets d'atolls énergétiques afin d'engager la transition énergétique tout en corrigeant le problème d'intermittence des énergies renouvelables