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20 août 2015

Généraliser la possibilité d'ouvrir le dimanche dans les grandes villes

La liste des "zones touristiques internationales" qui pourront rester ouvertes jusqu'à minuit et le dimanche vient d'être révélée pour Paris.

Le Clic-P (syndicat qui se mobilise pour empêcher les ouvertures dominicales) vient d'en publier la carte:


Autre carte des ZTI de Paris, celle du Figaro

La liste est publiée dans un décret qui vient compléter la loi Macron (adoptée le 10 juillet suite au recours à l'article 49-3). Certaines zones sont évidentes comme Haussmann (Galeries Lafayette), les Champs-Elysées, les Halles, Montmartre... d'autres moins: place d'Italie, Beaugrenelle, Cour Saint-Emilion et boulevard des Ternes. Ces dernières zones semblent délimitées sur mesure pour la Fnac, comme le suggère Libération.

Ces ZTI (zones touristiques internationales) de la capitale seront bientôt complétées par une liste de zones à Nice, Cannes et Deauville.

Ce qui est étonnant, c'est que ces décisions soient prises au niveau national. Ces délimitations de ZTI pourraient très bien être faites au niveau régional voire municipal. Les grandes villes devraient pouvoir décider des zones qu'elles souhaitent ouvrir au commerce le dimanche, après débat et éventuellement consultations locales.

Ces ouvertures devraient être une occasion de créer de nouveaux emplois (en particulier pour des jeunes célibataires ou étudiants), et devront se faire dans le respect du principe de deux jours de repos hebdomadaires.

Dans un pays laïc, le dimanche ne devrait pas être sacré.


Idées pour la France:
  • considérer le dimanche comme un jour normal
  • conserver le principe de deux jours de repos hebdomadaire
  • déléguer la délimitation des ZTI aux régions ou métropoles
  • généraliser les ouvertures le dimanche dans les grandes villes

27 mars 2014

Accueillons et protégeons les trublions d'aujourd'hui, les héros de demain

Accueillons et protégeons ceux qui dérangent, ceux qui questionnent, ceux qui manifestent:


Il ne s'agit pas ici de demander à verser des subventions à ces associations, à ces personnes, ce n'est pas à l'état de subventionner de telles associations (Femen n'est pas subventionné par des organismes publics français, contrairement à certaines rumeurs persistantes), mais aux citoyens s'ils le souhaitent.

Il s'agit d'accueillir et de protéger ceux qui dérangent, ceux qui dénoncent. Et de leur laisser la possibilité de s'exprimer et de continuer à dénoncer en leur offrant l'asile politique.

La France a eu dans le passé une réputation de patrie des droits de l'homme et a eu une image de refuge pour les opposants, pour les opprimés, pour ceux qu'on cherche à faire taire. Voici quelques réfugiés célèbres ayant été accueillis par la France au XXème siècle:

  • Marc Chagall
  • Jules Dassin (père de Jo)
  • Rudolf Noureev
  • Milan Kundera

La France peut renouer avec cette tradition, elle est actuellement le deuxième pays européen en terme d'accueil de demande d'asile alors que le nombre de demandes augmente fortement au niveau mondial. Mais elle n'accueille que très peu de réfugiés irakiens, lybiens, syriens et afghans, alors qu'elle a pris part à certains de ces conflits et est donc en partie responsable du déplacement de ces personnes.

En contrepartie de cet accueil toutefois, l'éloignement à la frontière de ceux qui sont déboutés du droit d'asile doit être mieux appliqué: de nombreux déboutés du droit d'asile restent sur le territoire en situation irrégulière (rapport sur la réforme l'asile).

Idées pour la France:

  • accueillir plus d'opposants, plus de dénonciateurs, plus d'opprimés
  • être intraitable avec les déboutés du droit d'asile (suite au rejet de leur appel)
  • répartir l'effort d'accueil sur tout le territoire

20 mars 2014

Devenir les spécialistes européens de l'abattage rituel

Les Danois ont de facto interdit le 17 février l'abattage rituel (hallal ou casher) en obligeant à assommer l'animal avant de l'abattre. Les Britanniques parlent actuellement de mettre en place cette obligation d'assommer l'animal.

Pourtant la liberté de pratiquer sa religion est un droit essentiel inscrit dans la convention européenne des droits de l'homme. Le respect de ce droit, y compris pour "les pratiques et l'accomplissement de rites" et ne peut-être limité que par des impératifs liés "à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui".


Article 9 – Liberté de pensée, de conscience et de religion
  1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.
  2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.
Le bœuf écorché - Rembrandt
Le bœuf écorché - Rembrandt

L’abattage rituel (en plus du Danemark et du Royaume-Uni) est d'ores et déjà interdit en Pologne, au Liechtenstein, en Islande, Norvège, Suède et en Suisse.Le nombre de pays européens interdisant l'abattage rituel augmente fortement. Quelles solutions reste-t-il aux musulmans ou juifs pratiquants européens souhaitant respecter leurs traditions alimentaires?

Avec une filière professionnelle, contrôlée, un étiquetage clair et une traçabilité exemplaire, on permet le respect des croyances (ceux qui veulent manger hallal le peuvent, ceux qui ne le veulent pas le peuvent également) tout en informant le consommateur (et donc en respectant le dernier point de la loi: "la protection des droits et libertés d'autrui").
L'enjeu est de pouvoir choisir son alimentation en fonction d'une traçabilité irréprochable et d'un étiquetage évident. Si ces deux impératifs sont respectés, alors, oui, développons en France les abattoirs répondant aux normes rituelles afin de répondre aux demandes croissantes:

  • du marché français
  • du marché européen
  • du marché mondial

Il est important de pouvoir proposer à tous des aliments de qualité, produits à proximité et dans le respect de l'environnement (agriculture raisonnée, agriculture biologique). Ces aliments de qualité (sans OGM, sans hormones) ne doivent pas être réservés à une frange "de souche" de la population.

La France est un leader dans le domaine agricole, surtout pour la production de qualité. Elle peut le rester, notamment:
  • en proposant un diversité de produits agro-alimentaires de qualité pour répondre à une diversité de la demande

13 mars 2014

Légitimer l'économie collaborative

L'économie collaborative est un secteur nouveau en pleine croissance et dans lequel la France a des atouts dans cette nouvelle économie:
  • sensibilité au concept de la solidarité
  • maturité des usages numériques
  • crise prolongée qui impose de chercher des moyens d'entraide, de nouvelles manières de consommer moins cher et mieux
Qu'est-ce que l'économie collaborative?:
L'économie collaborative vise à produire de la valeur en commun et repose sur de nouvelles formes d'organisation du travail. Elle s'appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des espaces et des outils et  l'organisation des citoyen en "réseau" ou en communauté.
(source Wikipédia)

(source: magazine OuiShare)

Dans économie collaborative, on comprend donc:

  • des façons de se loger (colocation, habitat collectif, couchsurfing...)
  • des façons de se déplacer (covoiturage)
  • des façons de se nourrir (AMAP)
  • des façons de produire (Fablabs, impression en 3D, bricolage...)
  • des façons de se financer (crowd-funding, prêt P2P....)
  • des façons d'apprendre, de s'informer (creative commons, open data, open education...)
L'ère de l'achat et de la possession arrive peut-être à sa fin et sera remplacée par l'ère de l'accès et du partage. J'aime particulièrement l’exemple de la perceuse dans la vidéo suivante: votre perceuse sera utilisée en tout 12min dans sa vie. Si l'économie collaborative permet d'acheter une perceuse pour 100 personnes en la partageant, cette perceuse sera bien mieux utilisée (une vingtaine d'heures). C'est sans doute un des meilleurs exemples du "consommer moins pour consommer mieux".

Explication en vidéo:

(source: le blog de la consommation collaborative)

Pourquoi la France devrait-elle agir (d'un point de vue législatif et d'un point éducatif) pour légitimer ce mode de production et de consommation? Tout est dans cette tribune publiée dans le Monde du 6 mars 2014, il n'y a pas grand-chose à ajouter.

Trois belles idées se trouvent à la fin de ce texte signé par des acteurs français de l'économie collaborative (les fondateurs / dirigeants de OuiShare, Blablacar, FaberNovel, La Ruchue qui dit oui, KissKissBankBank,....):

  • aider les start-ups françaises à se développer à l'international
  • faire la promotion de et enseigner l'économie collaborative
  • supprimer les freins législatifs au développement de l'économie collaborative

Découvrir d'autres idées pour la France

7 mars 2014

Les idées de demain sont déjà là

Quel monde va-t-on léguer à nos enfants? Les solutions sont souvent déjà là (on essaie de les identifier dans ce blog), sont déjà présentes, sont déjà mises en oeuvre. Il faut s'inspirer des idées déjà appliquées, en parler, les faire circuler, les appliquer ailleurs, les améliorer....

Un beau projet de film de Cyril Dion et Mélanie Laurent:


DEMAIN Interview de Mélanie Laurent et Cyril Dion from DEMAIN FILM on Vimeo.

Idées pour la France:

  • s'inspirer des idées qui réussissent
  • se demander pourquoi elles ne sont pas encore appliquées en France
  • parler de ces idées
  • améliorer ces idées

5 mars 2014

Thèse, antithèse, mais ne surtout pas oublier la synthèse !

La France, contrairement à d'autres pays, a un esprit critique fort. Cette capacité à analyser et critiquer ce qui nous est présenté pour vrai nous est probablement transmise via l'éducation nationale et son goût pour les dissertations et la philosophie. C'est un grand atout. Cela permet de remettre en cause ce qu'on nous sert, ce qu'on nous affirme. Cela impose de confronter les sources et de mettre en regard les différentes thèses. Dans l'ère de l'information à outrance, il est essentiel de conserver l'esprit critique français et donc de conserver la vivacité du débat qui existe aujourd'hui en France sur tous les sujets.


Toutefois il est essentiel de ne pas oublier la phase de synthèse (trouver un compromis, trouver une solution) et surtout il est vital d'arriver à passer à la phase d'action qui fait trop souvent défaut. L'inaction, le statu quo, la paralysie est trop souvent la solution choisie (par absence de choix, absence de décision) en France.
La phase d'action qui doit suivre un débat manque. Et donc manque également la phase d'évaluation de l'action afin de déterminer si l'action a atteint les objectifs et comment il est possible de corriger le tir (si nécessaire).

Exemple 1:
  1. Le gouvernement souhaite mettre en place une éco-taxe,
  2. Les Bretons (les bonnets rouges) se soulèvent et empêchent la mise en place de l'éco-taxe sur tout le territoire,
  3. Ensuite que fait-on? On met en place l'éco-taxe telle quelle et malgré les protestations? On la supprime carrément (et on condamne par là-même, selon France Info, une centaine de projets de transports en commun sur tout le territoire)? Ou on aménage l'éco-taxe?

Exemple 2:
  1. Le MEDEF demande la suppression du statut des intermittents,
  2. Les syndicats crient au scandale et s'y opposent fermement,
  3. Ensuite que fait-on? On supprime le statut particulier? On le conserve tel quel? Ou on le réforme en évoquant le sujet autour d'une table?

Exemple 3:
  1. Les VTC souhaitent entrer sur le marché de la réservation de voitures afin de répondre à une forte demande des consommateurs (en particulier parisiens)
  2. Les taxis souhaitent interdire les VTC (ou grandement limiter leur action) afin de préserver leur monopole sur la maraude
  3. Que fait-on? On laisse les VTC travailler sans limite? On interdit les VTC et on maintient le statu quo sur le nombre de licences de taxi à Paris? Personne n'est réellement satisfait de la situation actuelle à Paris: les taxis trouvent les licences trop chères et difficiles à rentabiliser, les consommateurs trouvent qu'il n'y a pas assez des taxis et les VTC ne comprennent pas qu'on ne les laisse pas entrer sur un marché où il y a une forte demande. Alors, on reste immobiles? On attend que ça passe? On attend que ça pète?


Personne n'a de solution toute faite à proposer aux trois problèmes ci-dessus. La solution est peut-être la thèse A dans certains cas, ou l'antithèse B dans d'autres. La solution sera dans la plupart des cas un compromis entre A et B (plus ou moins proche de A ou de B). Mais en tout état de cause ce qu'il faut absolument dénoncer c'est l'immobilisme. Le danger de la paralysie nous guette à chaque fois qu'un débat prend un peu d'ampleur en France.

Aucune solution aux trois problèmes cités ci-dessus n'est parfaite, d'autant plus que l'avenir nous révèle souvent des surprises. N'ayons donc pas peur de nous tromper: prenons des décisions (quitte à revenir en arrière plusieurs années après), mettons en place des plans d'action et ne restons pas bloqués dans le débat, ne restons pas paralysés par la peur de la contestation. Le fait de se tromper et de corriger le tir permet d'apprendre de ses erreurs et d'améliorer les mesures prises. En ne se trompant pas, en n'agissant pas, on n'apprend pas, on ne s'améliore pas, on n'avance pas !

Idées pour la France:

  • ne pas oublier la troisième composante de tout débat d'idées: thèse, antithèse, SYNTHÈSE
  • mettre en place un plan d'actions qui découle de la synthèse
  • accepter que l'on puisse se tromper
  • avancer, se tromper et recommencer

28 février 2014

Allez chercher des idées et des opportunités au-delà des frontières: Barrez-vous !

La France vous semble paralysée? La France vous semble apeurée et tétanisée par la vision de son propre déclin? Alors barrez-vous !
Allez chercher des idées et des opportunités au-delà des frontières. Allez réaliser vos rêves là où l'on ne vous en empêche pas!

Une tribune parue dans Libération le 3 septembre 2012 enjoignait les jeunes à quitter la France pour vivre de nouvelles aventures, pour vivre mieux, pour s'enrichir et pour partir et puis revenir peut-être et puis repartir.
Les auteurs de cette tribune (un rappeur, un journaliste et un entrepreneur), qui ont également créé un site ouèbe éponyme, ont raison: être français n'oblige pas à rester sur le territoire français toute sa vie (sinon à quoi servent les députés des français de l'étranger?). Être patriote n'oblige pas à rester en France, au contraire! La France a besoin de forces vives (entrepreneurs, professeurs, membres d'ONG, fonctionnaires internationaux, chercheurs, ingénieurs...) à l'extérieur de ses frontières. On parle systématiquement de l'universalité des valeurs de la France: allons donc les porter au-delà des frontières! Si ces valeurs restent en France, elles ne seront jamais universelles, elles ne rayonneront pas.

La contre-tribune du 14 septembre 2012 dans le Monde avait pour mot d'ordre: "Battez-vous". Cette contre-tribune n'en est pas vraiment une: pour les uns il faut changer la France de l'extérieur, de l'autre il faut la changer de l'intérieur.

Que vous restiez ou que vous vous barriez, le constat est le même: la France est bloquée, paralysée. Ce sentiment de blocage vient de réapparaître dans les résultats d'une grande enquête lancée par France Télévisions: "Génération Quoi?"

Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences respectivement à l'EHESS et à l'université Paris-VIII, qui ont contribué à concevoir le questionnaire, ont analysé les résultats de l'enquête pour le Monde dans un article du 25 février:
« C'est une génération qui veut entrer de plain-pied dans une société vieillissante. Elle enrage de piétiner à son seuil. Elle ne veut rien renverser, elle n'est pas en conflit de valeurs, mais elle trouve toutes les portes fermées, et elle envoie un avertissement. »
Quelles sont ces portes fermées? La réponse suivante vient de Matthias Leridon, dans un article du Figaro paru le 27 février 2014 et faisant écho à l'enquête de France Télévisions:
Clairement, pour les Français, et pour les moins de trente ans encore plus, l'inégalité est au rendez-vous autour de deux sujets clé: respectivement 75% et 74% des sondés estiment que les jeunes ne sont pas égaux face à l'accès à l'emploi et au logement. «Ces deux difficultés sont précisément les deux aspirations principales de la jeunesse, synonyme d'indépendance et de passage à l'âge adulte», observe Matthias Leridon, président de Tilder.
En protégeant les locataires à l'extrême, on rend l'investissement immobilier risqué et on renchérit fortement les loyers. En ne protégeant pas les propriétaires contre les impayés, ceux-ci décident de prendre en main leur protection en demandant un nombre incroyable de pièces justificatives et de garanties (bulletin de salaire des parents, garanties d'une personne vivant en France....) excluant de fait même les jeunes gagnant bien leur vie mais n'ayant pas de parents aisés, ainsi que les étrangers n'ayant pas de garants résidant en France. En fléchant massivement l'épargne des propriétaires vers l'investissement locatif, on créé des bulles immobilières qui ne se dégonflent (du fait de la rigidité du marché immobilier?) pas en cas de crise comme dans les autres pays d'Europe.
Sans parler de la discrimination raciale (certains immeubles parisiens appartenant à des particuliers frappent par l'absence de diversité de couleur de peau chez les locataires) ou celle liée à l'emploi (certaines agences immobilières ne prennent que ceux ayant un emploi dans le service public). Les jeunes voient des barrières (financières, raciales, administratives) s'élever devant eux lorsqu'ils souhaitent trouver un logement.

Des barrières similaires existent lorsqu'un jeune cherche à accéder à un emploi. La sur-protection du CDI fait que ce contrat est de moins intéressant pour les entreprises et que celles-ci multiplient donc les contrats plus précaires. Dans le domaine de l'emploi la discrimination raciale, sexuelle ou géographique (quel est ton code postal?) est aussi à l'oeuvre. Dans l'article du Monde du 25 février 2014:
Les jeunes valorisent d'autant plus le travail qu'il leur échappe, un quart d'entre eux connaissant le chômage. Seule une toute petite frange le rejette, envisageant de vivoter en marge du système. 81 % des répondants disent que le travail est important dans leur vie. Et pas seulement pour gagner de l'argent. La moitié déclare que travailler sert avant tout à s'épanouir.
Dans l'article Figaro du 27 février "Jeunesse révoltée : les raisons de la colère", le le philosophe de l'éducation Eric Deschavanne affirme:
Le facteur le plus évident est bien entendu la situation économique - pas seulement la conjoncture, mais aussi les traits les plus caractéristiques de notre modèle, avec notamment cette rigidité du marché du travail préjudiciable aux outsiders, dont les jeunes font par définition partie. Indépendamment du niveau de vie, l'absence de perspective de progrès et de marge de manœuvre personnelle minent le moral.
En sur-protégeant ceux qui sont déjà locataires ou déjà propriétaires, en sur-protégeant ceux qui ont déjà un emploi, un CDI, on hérisse des barrières à l'entrée autour de ces deux éléments qui sont le saint Graal de tout français: avoir un CDI et être propriétaire. Cette sur-protection des "générations établies" exclut de fait les jeunes et les enfants d'immigrés.


Ce phénomène de sur-protection se retrouve aussi au niveau des retraites. On protège un système qui ne peut plus tenir d'un point de vue démographique et qui creuse notre dette. L'état tient à bout de bras un système de plus en plus déséquilibré et qui va coûter de plus en plus cher. Mais la réforme de ce système n'est pas acceptée par les "générations établies" (ceux qui seront bientôt à la retraite ou qui y sont déjà), alors qu'elle profiterait aux générations futures. D'ailleurs certains jeunes ont manifesté en 2012 contre la réforme des retraites. Alors que c'est pour eux que ce système à bout de souffle doit être réformé.

Lorsque les portes d'entrée dans la vie adulte sont fermées en France, il est normal que les jeunes aient la tentation d'aller voir ailleurs! Dans l'article du Monde du 25 février 2014:
« T'installer à l'étranger, ça te tente ? » Evidemment oui, cela tente les trois quarts des participants à l'enquête. Inhérente à la jeunesse, cette envie d'aller voir ailleurs est plus que jamais valorisée dans la société. Mais 24 % des jeunes se sont reconnus dans une expression volontairement rageuse, hargneuse, qui leur était suggérée : « Dès que je peux, je me barre. » « Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l'impasse, chômeurs, petits contrats, stagiaires… », à en croire les sociologues.
Idées pour la France:
  • inciter les jeunes à partir à l'étranger et créer leur réseau à l'étranger et leur permettre de revenir dans de bonnes conditions lorsqu'ils le souhaitent
  • abaisser les barrières d'entrée au CDI et au logement afin que les jeunes et les étrangers aient un avenir en France
  • cela suppose de rogner sur les privilèges des générations établies